Tumblelog by Soup.io
Newer posts are loading.
You are at the newest post.
Click here to check if anything new just came in.

June 08 2011

detoureninde
4546_f957_390
Les aux revoirs.

May 24 2011

detoureninde

May 22 2011

detoureninde

Ci dessous, récit de voyage en Uttarakhand.

Je me suis surpassé pour ce qui apparaît comme mon dernier mail d'Inde, presque 4 pages... désolé!

Cela s'est décidé sans raison il y a quelques mois, Antoine a décidé de prendre deux semaines de vacances pour venir visiter « mon » Inde.

Formalités administratives et vaccins pour lui, de mon côté j'ai épluché le Lonely et les sites internet pour nous trouver une belle destination. En effet, il était hors de question que nous restions deux semaines dans le Maharashtra où je vis. La saison sèche bat son plein, il fait entre 40° et 45°c, trop chaud pour envisager de jouer aux touristes. Le nord de l'Inde et ses montagnes m'attirant de plus en plus suite à mon voyage au Népal, je décidai premièrement que nous partirons dans le Sikkim et Darjeeling, dans le Bengal Occidental. Mais à une semaine de l'arrivée d'Antoine, changement total de plan. Entre temps, j'avais vécu quelques jours avec une femme de l'Uttarakhand Suneeta,: les photos de son état et le travail de son organisation (Umang Movement) m'avaient enthousiasmées. De plus, la pré mousson (et des grèves maoïstes) menaçait dans le Sikkim. On choisit donc l'Uttarakhand et les contreforts ouest de l'Himalaya.

S'en suit donc l'habituel combat pour obtenir des billets de train en sleeper class (les trains en Inde sont toujours pleins, heureusement j'ai pu frauder un peu pour obtenir des tickets en tourist quota) et la fin de la rédaction de mon mémoire sur l'impact social de l'agriculture bio pour mon assoc dans une torpeur abrutissante et... c'est déjà la veille du départ!

Antoine passe la nuit chez Théo à Paris et décolle le samedi 7 mai au matin. Le même jour, je prends un train de nuit pour arriver à Mumbai le lendemain matin, le vol d'Antoine arrivant à 5h.

Nuit terrible pour ma part car je dors sur le siège du bas, les wallah qui passent en criant « tchai, tchai » m'empêchent de dormir. Enfin, je suis tellement heureuse de reprendre la route! Du train, je saute (enfin j'ai une demi heure d'attente pour obtenir un ticket) dans un « local train » de Mumbai (notre Rer parisien!) pour rejoindre l'aéroport. Depuis le rickshaw, j'observe Mumbai qui se réveille ou se couche... Je me demande bien comment je vais retrouver Antoine.

Finalement, c'est lui qui me voit quand j'arrive dans le hall d'arrivée. Premier tchai d'Antoine dans cet aéroport tout rutilant. Cela détonne avec l'extérieur. Négociation du rickshaw et première course d'Antoine. Il a les yeux grands ouverts et n'est pas très rassuré dans ce petit bolide qui lui semble conduire n'importe comment !

On s'arrête à une station de train. Je ne ménage pas trop Antoine et l'emmène dans des petites ruelles... ses premiers mots: « Tout à l'air déconstruit ici... Y'a eu une guerre? » .. Ah le développement! Je retire de l'argent et les agents de la banque nous offre le tchai (au gingembre mm). Antoine a sa première expérience de l'hospitalité indienne. Un temple pointe sur l'autre côté de la rue. Il est 7h, la puja matinale se finit, Antoine reçoit des offrandes du brahmane qu'il dépose devant l'autel de Ganesh. Première marque orange (pâte de santal) sur son front qui a vite fait de dégouliner... il fait tellement humide à Mumbai !

Khar station, on se balade dans un petit marché de fruits puis on file à l'appart d'Hella, mon amie allemande. Autre quartier, autre ambiance, nous sommes ici dans la zone riche de la mégapole. J'en profite pour faire mes adieux à Hella qui rentre en Allemagne la semaine d'après autour d'un p'tit dej occidental au Yellow tree, café trop propre à l'ambiance de bateau mais la clim est si agréable... Les paradoxes s'enchainent vite pour Antoine.

Nouvelle course en rickshaw, on traverse le plus grand slum de Mumbai, Dharabi pour rejoindre Bandra Terminus où l'on prendra le train pour Delhi.

Les 23h de train passent très vite. La famille indienne dans notre compartiment est charmante, j'aime tellement observer une mère indienne s'occuper de ses enfants! Antoine a les yeux grands ouverts, il est encore trop tôt pour qu'il y comprenne quelque chose!

Aprem à Delhi le 9, à Main Bazaar: balade et déjeuner mais beaucoup trop de Blancs à mon goût, on est dans le quartier touristique. C'est chouette, j'ai l'impression de redécouvrir l'Inde par l'intermédiaire des questions d'Antoine.

Enfin, le train pour Haridwar, en Uttarakhand, une des sept villes saintes de l'Hindouisme où le Gange coule. On commet un sacrilège dans la guest house: l'alcool est interdit en ville mais cela ne nous empêche pas de boire la petite bouteille de Bordeaux qu'Antoine m'a ramené de France accompagné d'un bout d'abondance dégoulinant.. En prime, un grand fou rire, Vishnou pas content, nous empêche de retirer le bouchon!

Dur lever à 5h pour assister à la prière du matin sur les ghats du Gange. Il y a beaucoup d'agitation et la ferveur religieuse est poignante. Antoine observe avec amusement les nombreux sadhus. On poursuit notre journée avec visites de temples, balade et observation de la vie sur les ghats.

Antoine essaye d'endosser son rôle d'homme... et oui c'est à lui de parler et d'agir le premier ici! C'est à lui qu'on parle, moi je suis cachée.. enfin quand c'est des faux sadhus ou des rickshaws wallah, cela me fait des vacances! D'ailleurs, durant ce trip, Antoine est officiellement mon « brother » même s'il est souvent passé pour mon mari: en effet, hors de question pour une femme de voyager seul avec un homme qui n'est pas de sa famille; je ne voulais pas m'attirer les foudres des indiens rencontrées au passage.

Au détour d'une ruelle, on tombe sur une interfanfare; l'Inde des surprises... petit moment de nostalgie, l'ambiance ressemble tellement à la fanfaraon! Enfin, on est vite accaparé avec les musiciens qui s'empressent de prendre des photos de nous, posant avec leurs instruments.

En fin d'aprem, on attrape le bus pour Rishikesh à une heure de route. Pas d'eau, à une pause je bois à la pompe. Je ne sais pas trop à quoi m'attendre à propos de ce que Lonely appelle « la capitale internationale du yoga... ». Ville sainte également, où le Gange descend directement des montagnes, il y a aussi une vraie ferveur religieuse sur certains ghats. De nombreux ashrams et dharamsala longent le fleuve sacré. On a élu domicile dans le quartier (très, trop?) touristique de la ville. Cela a un petit goût de Thaïlande du Sud pour les connaisseurs avec tous ces restos occidentalisés et touristes dévêtus. Mais on y passe un charmant moment, on en profite pour reprendre des forces et se relaxer car les premiers problèmes intestinaux pointent leur nez... Au programme: tchai et lassi, baignades dans le Gange, massage ayurvédique, visite de temples & ashram, shopping, balades sous les mango trees...

Les fausses informations sur les transports données par le Lonely nous poussent à changer nos plans. Nous nous levons le 13 à 3h du mat' avec l'assurance sans faille qu'il y aura bien un rickshaw puis un bus pour nous emmener dans les montagnes... ERREUR§! Un orage éclate juste à ce moment là...je n'ai pas vu de pluie depuis début Janvier à Katmandou !! Galère galère, il fait nuit noire et pas de rickshaw pour rejoindre la gare routière... on saute finalement dans un camion qui nous laisse dans Rishickesh un peu dépités.. on se réfugie dans une laiterie allumée, l'homme commence à faire son paneer. Enfin, on trouve la gare et nouvelle déception.. pas de bus pour Joshimath, notre destination avant 6h. Les hommes dans l'abri un peu saouls, qui racontent des bêtises, les éclairs, la pluie, le noir, pas très rassurant. Finalement, un indien un peu plus dégourdi nous fait monter dans un bus plein pour Chamoli. On passe les quatre prochaines heures assis sur les marches, les sacs et ça monte monte... Heureusement à Srinagar on a eu pause tit dej où on peut récupérer des sièges, enfin! Chamoli, changement de bus où l'on retrouve des Français. La première pause dure plus d'une heure... le bus doit changer de roue et surprenant (ou pas..), cela ne prend pas 10 minutes ici! Le long trajet continue

Joshimath, on est a 2500 et on a vu sur les neiges et pic du Nanda Devi qui pointe a plus de 7000 c'est magique, voici l'Himalaya! Vite un pull et des chaussures, j'ai déjà très froid! On décide de continuer dans les transports et après quelques essais rigolos d'arrêt de voiture (on se retrouve 5 min dans une voiture de police) nous voilà dans le bon bus. Les routes de montagnes commencent à être un peu effrayantes... On passe à côté de névé, de sommets enneigés... On arrive de nuit à Badrinath, station d'altitude 3300 qui abrite le temple célèbre de Vishnou – Brahma. Le lendemain, on s'offre une très belle balade jusqu'au haut village de Mana, un des derniers avant la frontière du Tibet. On croise des hommes qui labourent leurs champs, des murets de pierre, des tapis d'orchidées sauvages, de drôle de ponts et une rivière d'un bleu éclatant à l'abri des hauts sommets plein de neige qui semblent si proche! Les femmes tricotent devant leurs maisons. Une pratique nous choque au plus haut point: ici des porteurs sont sollicités pour transporter sur leurs dos non pas des marchandises mais des personnes! Et pas seulement des personnes âgées qui auraient du mal à marcher mais aussi des bien portants et même des ados! Notre humanité en prend un coup. Oui, en Inde, les humains ne sont pas égaux. Retour à Badrinath, pause tchai puis visite du Temple où Antoine découvre la folie religieuse et des sources chaudes si tentantes...

Coups de soleil, gonflements, maux d'estomac et fatigue, nous ne sommes pas très beaux à voir mais on repart déjà, le temps nous est compté. Les chemins de pèlerinages sont fermés et on n'aura pas eu le temps de monter à plus de 4000. De toute façon, j'ai finalement trop froid! On abandonne quand même ce cadre majestueux avec un pincement au cœur... j'y reviendrai...

Back to transport: un bus et quatre jeep collectives pour rejoindre le village de Kausani à plus de 2400. Grâce au climat tropical, la végétation est encore luxuriante: forêt de pins, odeurs de bois et d'herbes on se croirait presque en méditerranée. Cela me change des plaines désertiques. Une pause relaxante dans ce charmant village est la bienvenue. Glaces à la mangue, musée à la mémoire de Gandhi, Antoine commence à apprécier l'Indian style, on prend notre temps. On contemple rapidement la chaîne de l'Himalaya devant nous, bientôt cachée par la brume... Ah et le soir, premier curry de viande pour Antoine, on s'offre un bon resto où Tet'ben'qu'oui, mascotte de notre voyage, est prise pour un « rabbit »! On part le matin à l'assaut des champs de thé et on en profite pour faire des emplettes pour nos chères Mamans. Puis départ pour Almora en bus. En chemin, on croise des plantes bien rigolotes: on est bien surpris de voir pousser en abondance du chanvre indien sur les bas côtés au milieu de la pollution! A Almora, visite du bazaar et d'un temple au bas reliefs sculptés selon le Kama sutra. On décide finalement de passer la nuit chez mon amie Suneeta, qui habite dans un village à 2h en jeep. Même si le trajet sur les routes de montagne est épique ce fut sa préparation qui fut la plus exaspérante: le conducteur refuse de partir tant que la jeep n'est pas pleine à craquer, on attend 1h et je comprends finalement que des gens attendent sur le côté pour se rendre au même endroit que nous. Mais ils refusent de monter dans le coffre, ils veulent une place devant. Flûte la bienséance indienne, je mets mon grain de sel dans tout ca, j'en ai marre. Je leur laisse nos places devant, on monte dans le coffre. C'est un bien bel exemple qui montre encore une fois à quel point la société indienne est intrinsèquement hiérarchique. Je pourrais développer ce point longuement mais je pense que je vous ai déjà perdu!

On arrive enfin à Kalika où la famille de Suneeta nous accueille avec ce très cher grand sourire indien. Antoine découvre la vie quotidienne et les rites d'une famille indienne, parfois avec étonnement. Ici, l'invité, surtout homme, s'assoit et ne fait rien de plus. J'aime tellement Suneeta et sa famille, je suis vraiment heureuse de les revoir dans ce cadre si magnifique: le village est construit sur les terrasses, j'ai l'impression pour la première fois en Inde de trouver quelque chose de « naturel ». Le lendemain matin, on se rend à pied aux bureaux de son organisation, spécialisée dans l'empowerment des femmes et le développement de cette région de montagne. On passe un très bon moment mais après un déjeuner (you must eat before travelling) c'est déjà le temps de partir...

A Almora, on s'installe dans un bus qui doit nous amener en 10h à Delhi. Finalement, on a passé 20h dans cet horrible bus dont 5h coincés dans de terribles embouteillages!! Il faisait très chaud et j'avoue que même moi qui m'endort partout, j'ai difficilement supporté ce voyage... Avec le retard, on a donc du annuler notre visite de monuments historiques à Delhi... Mais on s'est bien rattrapé avec un passage dans le métro de Delhi (terrible, c'était presque plus propre que le métro lyonnais) et un agréable shopping avec en prime des naan et du paneer. On a surtout bien rigolé en lisant les nouvelles de France après deux semaines coupées du monde.. sic !

Fight habituel dans le train pour obtenir notre place (bien sûr réservée!) et nous voilà déjà de retour pour le Maharashtra. On arrive le lendemain soir à Aurangabad. La petite balade au parc nous enchante et Antoine est fasciné par les regards d'indiens qui nous dévisagent clairement... des blancs! On s'offre un dernier bon repas, le mouton est une réussite mais le lendemain soir on est re nouveau malade comme des chiens... zut!

Nous passons notre dernier matin ensemble à Bidkin, mon village, où Antoine fait la connaissance de mes amis, voisins et collègues. On boit le thé chez mes voisins et j'en profite pour transmettre le sari que Suneeta m'a chargé d'offrir à ma voisine. Il fait si chaud, je ne suis plus habituée aux 40°c... heureusement il y a le jus de canne à sucre!

On mange le midi avec mes amis au petit marché bio organisé par mon organisation, c'est chouette. Antoine me fait rigoler au milieu de toutes ces femmes, perdu dans les gestes à faire ou non, mais il fait des progrès en ce qui concerne la position en tailleur!

L'aprem, sous le chaud soleil, on visite les curiosités historiques d'Aurangabad qui est tout de même une très belle ville: gates, moulin à eau, mini taj.

L'heure de l'au revoir arrive vite, on mange un dernier dosa et poa badji puis je laisse Antoine à la gare. Il prendra le train de nuit pour Aurangabad et devra ensuite ce débrouiller seul pour rejoindre l'aéroport. Cela m'inquiète un peu mais il est sensé savoir se débrouiller en Inde maintenant! A l'heure où j'écris ces lignes il est dans l'avion qui l'emmène à Bahreïn puis Paris... J'attends qu'il me raconte le choc du retour qui va bientôt arriver pour moi.

En effet ce voyage était le dernier (à moins que je m'offre un week end à Goa), il ne me reste plus que 3 semaines à Bidkin... Mais tellement de choses à faire et découvrir d'ici là! Ce n'est pas encore l'heure du bilan alors je vous laisse ici.

Stabiloter bien vos agendas, je rentre le 11 Juin et j'espère vous voir tous très vite. J'attends de vos nouvelles,

May 06 2011

detoureninde

May 05 2011

detoureninde
Dans l'Etat du Maharashtra, quatre jeunes mariées sur dix ont moins de 18 ans, qui est pourtant l'âge légal du mariage, selon les autorités médicales de Pune, une grande ville de cette région.

April 22 2011

detoureninde
9014_9725_390

April 18 2011

detoureninde
9394_8c13_390
Reposted byaroundcloudnine aroundcloudnine
detoureninde
Vite vite, la Mer.

April 17 2011

detoureninde
Tandis que d'autres publient ou travaillent, j'ai passé trois années de voyage à oublier au contraire tout ce que j'avais appris par la tête. Cette désinstruction fut lente et difficile; elle me fut plus utile que toutes les instructions imposées par les hommes, et vraiment le commencement d'une éducation.

Gide _ Les nourritures terrestres, première page.

April 04 2011

detoureninde

March 26 2011

detoureninde
9177_9511_390
Reposted byLeo0o Leo0o

March 08 2011

detoureninde

March 07 2011

detoureninde
9821_4840_390
detoureninde
(envoyé dans vos inbox aujourd'hui, pour ceux qui ne l'ont pas reçus car je suis souvent perdue dans les e-mails)

Namaskar !

Voici enfin quelques nouvelles d'Aurangabad. J'ai commencé mon deuxième stage indien (après avoir refuser une offre de stage à Paris) il y a un mois: je travaille avec une ONG de développement rural (IIRD:). Je vis donc dans les locaux de l'assoc, situés à deux minutes d'un village nommé Bidkin, a 1/2h en jeep collective d'Aurangabad (la grande ville) et 4h de train de la géante Mumbay (autrement appelé Bombay). Le staff est vraiment très sympa, je suis invitée tous les dimanches dans leurs familles. J'adore découvrir le quotidien des familles indiennes de cette classe moyenne qui commence à émerger. Ils ont souvent deux enfants qui vont à l'école (parfois anglaise), au moins une télé et trois téléphones portable (vous ai je dit que les Indiens sont totally crazy avec leur téléphone?), un lit et une maison qu'ils louent (ils ne vivent pas avec la famille du mari ce qui était la tradition, cela permet à la femme de se soustraire à l'influence de la belle mère, c'est pas plus mal). Il y a quelques beaux quartiers résidentiels près d'Aurangabad, très verts et presque propres. Sur la route de Bidkin, il y a une aire industrielle qui me rappelle que l'Inde est en "développement": des grandes firmes sont implentées ici comme Mosanto (tiens tiens..). La ville d'Aurangabad est plutôt agréable, surtout les quartiers musulmans. Il y a deux trois curiosités touristiques (comme une copie du Taj Mahal et des caves sculptées). J'y vais tous les vendredis à l'occasion du marché 'bio' organisé par l'assoc. Il y une grande rue commerçante que je n'ai pas encore visité mais je suis sûre qu'on y trouve toutes les grandes marques internationales, des pizza et des jeans. Mon directeur m'a même montré des maisons de "billionaires". La voici l'Inde des contrastes, paradoxes et inégalités. La différence entre cette zone et les villages aux alentours est flagrante, choquante. 
La campagne est trés belle, champs de coton (aux Ogm) à perte de vue, bananiers, mango trees. Le peu de vert de la mousson disparait car c'est déjà l'été ici! Les villages et les fermiers qui y habitent sont très pauvres, c'est une des régions d'Inde les plus défavorisées. Les femmes cuisinent au feu de bois, le sol est fait en bouse de vache, les murs en branchages. Les enfants travaillent. Les taux de malnutrition sont effrayants. Les légumes ne peuvent pousser que durant la saison froide car il n'y a aucun service d'irrigation et les températures peuvent atteindre 50°c en été. Je me demande souvent où est passé le gouvernement indien.

Je vis toute seule donc les soirées sont, je l'avoue, longues. Il y a juste une petite ferme en face (qui dépent de l'assoc) où vivent deux familles mais qui ne parlent pas un mot d'anglais et sont toujours très occupés. Je vais traire (à la main!) leur vache de temps en temps pour avoir un peu de lait frais (toujours pas de frigo et quand il fait 40°c, le lait tourne vite) et faire le tchai. Tous les jours un membre de l'équipe m'amène mon "tiffun": des boîtes en fer blanc dans lequel les Indiens transportent leur déjeuner (préparé à 5h du matin par leurs femmes..). Je pourrai cuisiner par moi même mais cela prend des heures avec si peu de moyen.
Il n'y a bien sûr pas un étranger à la ronde ici et les gens ne parlent pas anglais (à part les employés de l'assoc of course!). Les premiers temps furent un peu dur, j'avais pris l'habitude de toujours pouvoir échanger avec d'autres étrangers sur mes expériences quotidiennes, ce qui est vraiment libérateur quand vous êtes confrontés à une culture si différente!
Mais cela va de mieux en mieux, je m'adapte rapidement! J'ai surtout rencontré deux étudiantes Indiennes de mon âge qui sont devenues des supers copines, très ouvertes et heureuses d'échanger avec une étrangère. Ce qui n'est pas forcément évident. Les habitants de Bidkin ne sont pas très enclin à voir une Blanche se balader dans leurs rues. Pourtant j'essaye de faire ce qu'il faut, je me voile dès que je sors, je ne montre pas un bout de peau, mais rien n'y fait. Il y eu quelques mots déplacés et surtout les regards persistants, poignants. C'est parfois plus que de la curiosité. Comme je ne baisse jamais les yeux, ils sont d'autant plus désarçonnés et insistants. Mais on s'habitue à tout.. et j'ose espérer qu'avec le temps, eux aussi s'habitueront à me voir.

Je commence à percevoir la pression que subisse les femmes ici. Alka ma collègue m'en a parlé à mi mots. Ce n'est pas forcément qu'elle aime porter un sari mais elle vit dans un village "traditionnel", la force des regards l'y oblige.. D'ailleurs mon amie Swati peut porter un jean à Aurangadad ou Pune où elle étudie mais sera toujours en choulidar (l'autre vêtement traditionnel) dans son village. Plus je connais la culture indienne, plus j'en perçois les signes inconscients, les non dits, plus je suis touchée et révoltée par la condition de la femme. J'étais à un mariage (arrangé, comme dans 90% des cas en Inde), bien sûr c'était beau, la mariée était magnifique mais j'ai surtout vue sa bouille toute triste, consciente d'avoir à partager le reste de sa vie avec un inconnu). Beaucoup d'entre vous m'ont demandé comment se faisait-il que la culture du Kama sutra, de la libération sexuelle etc puisse être si restrictif avec ses femmes. L'explication la plus commune est de penser que les differents envahisseurs (musulmans, anglais) et les pensées types Gandhi ont conduit les Indiens à enfermer leurs femmes à l'intérieur de la maison pour les protéger. Cela a empiré, c'est devenue une tradition conservatrice qui n'a plus rien d'une culture, ces pratiques non plus rien de condamnables et les Indiens sont devenus un peuple de frustrés.
Mais ne vous alarmez pas, j'aime tout le reste de leur culture! Je la redécouvre dans le Maharashtra car toutes les régions de l'Inde ont leurs spécificités. La cuisine composée essentiellement de chappathi, leurs arts (sculptures, peintures, danses..), leurs films (il y a, étrangement, de très bons Bollywood, j'ai été conseillé par une amie allemande qui bosse à Bombay dans cette industrie), leur tolérance religieuse, leur façon de vivre si paisible et si chaotique en même temps, leur accueil toujours si chaleureux  et je me surprend même à fredonner quelques airs de pop.. aie aie!

Pour en venir à mon travail (auquel j'accorde quand même énormément de temps, c'est mon activité principale avec le lavage de fringues (à la main et au savon lessive)).. je suis chargée d'évaluer l'impact social de l'ONG et plus spécifiquement de son programme d'agriculture biologique. Le premier mois fut consacré à étudier la situation eco et social de la région, visiter les villages et les lieux d'activités de l'assoc, travailler sur des stats (dont la scientificité laisse à désirer malheureusement), faire des cartes et sélectionner les fermiers que je serai amener à interroger. Je commence les entretiens fin Mars avec la traductrice que j'ai engagé (pas le choix, je parle un peu de Marathi mais pas assez pour mener des entretiens approfondis). J'ai hâte de commencer. J'adore vraiment ce job, par le contact humain et car c'est aussi ma première vraie approche avec la recherche. C'est très stimulant et je suis heureuse de voir que grâce à mes productions le staff commence à réfléchir un peu à son action, prendre du recul. On ne travaille qu'au jour le jour en Inde.. Je pourrai vous en dire plus si vous le souhaitez!


J'ai passé une très belle journée d'anniversaire, tellement exotique! 35°c, des mets épicés en guise de repas, pas de bougies mais un gros gateau à la crème et habillée des pieds à la tête en indienne! La coutume ici est de se faire nourrir par les Le staff m'avait organisé une petite fête c'était très bien, j'ai eu plein de cadeaux dont une bible en anglais (ils n'arrivent toujours pas à comprendre le concept d'athéisme ou autre que religieux) et des supers tissus.
Je pars ce week end pour 10 jours de vacances dans le Sud. Je vais d'abord visiter Hampi avec mon amie allemande Hella, puis retrouver ma Laura (avec qui je suis arrivée en Inde, qui est dans la même fac que moi) dans son école de musique puis retourner à Tiruchuli (où j'ai fait mon premier stage, j'ai des affaires à récupérer et une cérémonie est organisée). Ce programme semble intense, surtout que je vais passé la moitié de mon temps dans les trains, mais se sont les meilleurs moments!
Retour en France prévu le week end du 11 Juin, cela va passer vite d'ici.. même si cela semble encore long, surtout que vous me manquez toujours plus.
J'attends de vos nouvelles,

February 24 2011

detoureninde
8116_c1df_390

Mariage. Mariage arrangé. Mariage précoce. Mariage imposé.

Une photo de dos car je fus incapable d'affronter le regard triste de la nouvelle mariée.Elle a baisé les pieds de son mari, elle a enfilé le collier qui ne la quittera plus, elle a mis des bracelets en verre à ses poignets et elle voit s'entasser le matériel de cuisine, cadeaux qui la confinera bientôt à l'intérieur de la maison. Levées tous les jours à 5h, les femmes indiennes préparent la nourriture de la journée pour toute la famille, qui dort encore.

Le marié se tient droit sur la scène, reçoit sa femme et la dot comme des marchandises parmis d'autres. A cet instant, je le déteste, je déteste un peu moins de la moitié de la planète.

J'aimerai tellement qu'elles se bougent enfin, qu'elles entament la grève du tiffun...

Il y a une langueur dans la société indienne qui fait bouillir mon sang de française.

OT AZOJ

February 21 2011

detoureninde
3416_0a6f_390
detoureninde
" Il arrive aussi que le volontaire soit affecté dans une région où il est le seul expatrié, en particulier dans le cas des missions de développement.

Vivre loin de sa culture n’est pas chose facile.


Au début les contacts avec l’entourage demandent beaucoup d’efforts et les relations se construisent lentement.

Le besoin de voir des gens issus de sa culture pousse le volontaire à rechercher la compagnie d’autres expatriés comme lui, ne serait-ce que pour
pouvoir raconter ce qu’il vit et découvre tous les jours. Cela a été le cas de Fabrice : «J’étais en brousse, j’étais le seul Blanc, j’étais entouré de Camerounais… On a besoin de voir de temps en
temps des Blancs. Quand tu es immergé, c’est fabuleux mais… au début, tous les quinze jours j’avais besoin de voir des Blancs, ne serait ce que pour raconter tout ce que j’avais vécu, parce que
c’est des choses que tu ne peux pas raconter aux gens locaux.»

Tirée de Volontaire en ONG, l'aventure ambigüe, écrit par Amina Yala

February 15 2011

detoureninde
4889_bf10_390

February 08 2011

detoureninde
3788_b51a_390
Premiers jours dans le district d'Aurangabad où se déroule mon deuxième stage à l'Institute of Integrated Rural Development où je vais mesurer l'impact social d'un programme d'agriculture bio. On se refait pas.
La brousse, les champs de coton, l'isolement.
-Compost Day dans un village des alentours

February 04 2011

detoureninde
7044_fea3_390
Khajuraho
Temples érotiques
Older posts are this way If this message doesn't go away, click anywhere on the page to continue loading posts.
Could not load more posts
Maybe Soup is currently being updated? I'll try again automatically in a few seconds...
Just a second, loading more posts...
You've reached the end.